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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 11

  • La loi de Téhéran (Saeed Roustayi)

    C’est au cœur de l’été que se niche ce genre de découverte cinématographique. Hélas pour la loi de Téhéran c’était parmi huit spectateurs, dans une salle désertée à cause du pass sanitaire. Les amoureux de polar ultra-réaliste découvriront avec ce film l’ampleur du trafic et de la consommation de drogue en république Islamique d’Iran. Ils apprendront que le pays des mollahs compte plus de 6 millions et demi de toxicomanes et que son régime très répressif n’y change pas grand-chose, au contraire il semble l’amplifier. Alors que l’intrigue débute sur un objectif assez classique - des flics ordinaires doivent faire tomber un baron du crack – la mise en scène de Saeed Roustayi montre la prolifération de la drogue, sa pénétration anarchique dans la société iranienne et donc le caractère dérisoire de l’enquête.

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  • Une vie secrète (Jon Garaño, Aitor Arregi et José Mari Goenaga)

    Les premières minutes du film, tournées de nuit et pour partie caméra à l’épaule, sont frénétiques. Nous sommes en août 1936 dans un village d’Andalousie et les événements ont tourné. Dans cette région d’Espagne tenue par la gauche, les troupes nationalistes de Franco pourchassent tous les individus suspects de sympathies républicaines. Higinio (Antonio de la Torre) doit fuir son village et la guardia civil mais il ne peut laisser seule Rosa (Belén Cuesta) qu’il vient d’épouser. Dans le fracas des événements, on comprend que des exactions ont eu lieu entre les deux partis, que les victimes d’aujourd’hui étaient peut-être des bourreaux hier, qu’Higinio aurait des choses à se reprocher. Dans ce territoire reconquis, il n’est plus qu’un homme en sursis et décide de se cacher chez lui avec l’aide de Rosa.

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  • Titane (Julia Ducournau)

    Dans son discours de remerciement pour la palme d’or cannoise, Julia Ducournau parle de la chance qu’elle a eue de pouvoir créer le monstre qu’est Titane. Dans mon souvenir, elle répète qu’il n’est pas parfait, que la perfection n’est pas atteignable mais qu’elle y a mis tout son cœur. Je la crois sincère et ayant prévu d’aller au cinéma ce soir-là, je renonce à Benedetta de Verhoeven pour aller découvrir la sensation cannoise toute fraîche. J’avais vu et critiqué Grave qui m’avait « secoué », c’est le terme employé dans l’article mais j’avais pointé déjà quelques limites d’écriture : une difficulté à utiliser le temps et à écrire des personnages intéressants. Titane comporte les mêmes défauts qui cette fois-ci excèdent largement ses qualités et nous font penser que soit cette palme est un coup, soit la sélection de cette année n’était pas suffisamment forte.

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  • Nomadland (Chloé Zhao)

    Les motifs du nomade, du vagabond traversant les Etats-Unis, tout cela nous ramène à Kerouac, à Sur la route, aux Clochards célestes et aux pionniers aussi. Des gens jeunes ont tout quitté pour trouver la terre promise ou un endroit où vivre provisoirement. Le territoire est immense, sans limite, la frontière est sans cesse repoussée. Je me souviens de Sal Paradise le héros de Kerouac qui ne peut jamais se fixer quelque part, un jour une récolte avec des migrants mexicains, un autre jour retrouvant des amis vagabonds. La route devient un but en soi, surtout ne jamais se fixer quelque part. Les nomades de Chloé Zhao sont à l’intersection entre ce mythe très américain et quelque chose de beaucoup plus sombre, la dépression économique. Contrairement aux hobos mythiques et jeunes qui peuplent cet imaginaire, les personnages de Nomadland sont des gens âgés ou proches de la retraite. On comprend qu’ils sont d’un poids négligeable pour le système économique qui les utilise de manière intermittente.

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  • La Nuée (Just Philippot)

    Après avoir vu Les Oiseaux d’Hitchcock, on peut avoir peur des nuées de volatiles. Après Les Dents de la mer, on n’aime plus trop nager en eau profonde. Et après La Nuée, craindra-t-on les sauterelles ? J’aimerais dire du premier film de Just Philippot qu’il fait partie de cette prestigieuse lignée de films et que ses insectes m’ont terrifié mais je ne suis pas si enthousiaste que cela. Peut-on observer que pour une fois une production française aura fait sa place dans le genre de l’horreur ? La Nuée est un film qui gagne en intensité à mesure qu’il avance, on peut même admettre qu’il réussit à être inquiétant. Et pourtant…

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  • Promising young woman (Emerald Fennell)

    On se voudrait spectateur d’une comédie cynique, un very bad truc de plus, un délire plein d’humour noir mais ce n’est pas vraiment le cas. Même si elle en emprunte la forme et les décors, l’histoire de Cassandra « Cassie » Thomas (Carey Mulligan), fille désabusée de la classe moyenne américaine, ne provoquera pas de grands éclats de rire. Le dialogue est émaillé de lignes drôles, l’ensemble est grinçant mais c’est à du drame auquel on a affaire. Cassie a abandonné ses études de médecine suite au viol collectif de Nina Fischer, une amie d’enfance morte depuis. Désespérant ses parents, elle végète dans un boulot de serveuse. La nuit, elle se déguise en fille facile et feint d’être saoule pour aimanter les mâles et les humilier.

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