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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie

  • Dune (Denis Villeneuve vs David Lynch)

    A ce stade, l’exercice de comparaison est délicat. Alors que la version de David Lynch de 1984 dure 2H17, celle de Denis Villeneuve ne couvre que la moitié du récit et prend 2H35. Il me manque donc le second épisode qui sortira sans doute dans un an. De plus, je n’ai pas lu le roman de Frank Herbert et je n’avais en mémoire que quelques images furtives du film de Lynch avant de le revoir. Le Dune de Villeneuve me fait redécouvrir une saga futuriste, en l’an 10191, présentée comme une lutte de pouvoir entre maisons rivales. Sous le règne de l’empereur Padishah Shaddam IV, la planète Arrakis passe sous le contrôle de la maison Atréides. Leurs rivaux Harkonnen se retirent mais c’est en fait un piège qui se referme sur les Atréides. La planète est stratégique pour l’empire car elle est la seule où s’exploite l’Epice, une substance permettant d’augmenter les capacités cérébrales et de pouvoir faire de la navigation spatiale à travers l’imperium intergalactique. Celui qui consomme l’Epice voit son regard bleuir intensément.

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  • Michel-Ange (il peccato) (Andreï Kontchalovski)

    Rome porte encore la marque de son génie mais Michel-Ange, artiste total de la Renaissance, sculpteur, peintre, architecte, poète, ne semble pas avoir été un grand sujet d’intérêt pour le cinéma avant le film récent d’Andreï Kontchalovski (2019). Après quelques recherches (merci IMDB), j’ai juste trouvé trace d’un film plutôt apprécié de Carol Reed : L’extase et l’agonie, mettant en scène les rapports entre Michel-Ange (Charlton Heston) et le Pape Jules II (Rex Harrisson) pendant la réalisation du plafond de la Chapelle Sixtine. La bande-annonce de cette production de 1965 révèle une fresque flamboyante dans la tradition hollywoodienne, ne négligeant ni les décors grandioses, ni les intrigues ni les amours de l’artiste.

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  • Jean-Paul Belmondo (1933-2021)

    Avec Jean-Paul Belmondo parti aujourd’hui, c’est une partie de mon enfance qui s’efface. Ayant grandi dans les années 80, j’en ai consommé du Bebel ! Pas le plus raffiné ni toujours le meilleur : à l’époque on se rassemblait en famille devant l’une des trois chaînes pour regarder pour la énième fois Le guignolo, L’As des as, Flic ou voyou, L’animal (avec Raquel Welsh !), Le Professionnel (musique d’Ennio Morricone) ou Les morfalous. Parmi ces films à grosses ficelles, bâtis pour lui, souvent drôles, il y en avait de plus beaux et de plus culte que je peux revoir sans hausser les épaules : Cartouche de Philippe de Broca où il joue ce voleur insaisissable qui fait tourner en bourrique les puissants, Les mariés de l’an deux de Jean-Paul Rappeneau où son personnage esquive les dangers de la Révolution Française et de la Terreur, Le magnifique de De Broca dans lequel en Bob Sinclar il parodie et ridiculise les clichés des SAS et autres espions de pacotille. Je pourrais citer aussi L’homme de Rio ou Les tribulations d’un chinois en Chine mais j’avoue ne pas avoir beaucoup vu ces deux films qui ont tant fait pour son aura.

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  • France (Bruno Dumont)

    Le cinéma de Bruno Dumont produit en moi les mêmes préjugés que celui de Lars Von Trier. A chaque sortie, je suis curieux du sujet, attentif aux critiques mais réticent à aller voir. Ce sont des regards de cinéastes bizarres, déviants, irritants, inconfortables, qui ne me causent pas beaucoup de plaisir. Je n’ai pas vu ses deux Jeanne d’Arc et mon dernier film de lui était Ma loute, comédie plus insolite que réellement drôle. France a été l’occasion de renouer avec le réalisateur, à l’occasion d’un sujet satirique à priori abordable. Il s’agit de faire le portrait d’une journaliste star de chaîne d’information, France De Meurs, interprétée par Léa Seydoux, de porter un regard cruel sur la caste médiatique et de dire quelque chose aussi sur le pays homonyme dont elle est le visage télévisuel.

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  • Bac Nord (Cédric Jimenez)

    On devine depuis La french (2014) que la subtilité n’est pas la principale qualité du cinéma de Cédric Jimenez. Les schémas scénaristiques étaient déjà simples et lisibles: magistrat contre truand, guerre et complicité viriles mêlées, Marseille comme décor de western. Ce cinéma-là est très calibré, il lui faut de grands acteurs, des scènes d’action efficaces et des plans panoramiques sur le littoral marseillais. On rajoute une bande-son estampillée 70s pour donner un vague cachet scorsesien et le résultat à l’écran, plutôt rythmé, donne l’impression de se retrouver dans les années 70 au temps des films d’Henri Verneuil, ce qui n’est pas si honteux que ça. Mais quelques jours après, on garde la sensation d’un cinéma assez impersonnel, manquant de saveur malgré les ingrédients qu’on y a mis.

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  • La loi de Téhéran (Saeed Roustayi)

    C’est au cœur de l’été que se niche ce genre de découverte cinématographique. Hélas pour la loi de Téhéran c’était parmi huit spectateurs, dans une salle désertée à cause du pass sanitaire. Les amoureux de polar ultra-réaliste découvriront avec ce film l’ampleur du trafic et de la consommation de drogue en république Islamique d’Iran. Ils apprendront que le pays des mollahs compte plus de 6 millions et demi de toxicomanes et que son régime très répressif n’y change pas grand-chose, au contraire il semble l’amplifier. Alors que l’intrigue débute sur un objectif assez classique - des flics ordinaires doivent faire tomber un baron du crack – la mise en scène de Saeed Roustayi montre la prolifération de la drogue, sa pénétration anarchique dans la société iranienne et donc le caractère dérisoire de l’enquête.

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