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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie

  • Vice (Adam McKay)

    Regarder Vice et suivre les aventures de Dick Cheney, Don Rumsfled, Paul Wolfowitz, c’est se remémorer un temps récent et en même temps lointain, celui des néo-conservateurs américains qui en détruisant l’Irak de Saddam Hussein ont déstabilisé pour longtemps le Moyen-Orient. Ces faucons autour de George W. Bush ne connaissaient que le rapport de force, la realpolitik cynique, la manipulation et l’intérêt. Faire le portrait du premier d’entre eux, le vice-président Dick Cheney, c’est comme jeter un filet dans la mer et remonter des kilos d’ordures à la surface. On peut dire que le film d’Adam McKay remplit bien cette fonction : dénoncer les méfaits d’un salaud qui, paraît-il, coule des jours heureux dans le Wyoming avec son épouse. Après tout ce qu’il a accompli, on déplorera qu’il n’ait jamais été inquiété par la justice de son pays.

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  • I feel good (Kervern & Delépine)

    Le dernier film du duo Gustave Kervern et Benoît Delépine est gentil. Ce n’est pas méchant de le dire mais c’est étonnant de le constater. Avec ses bungalows et ses petites maisons, le centre Emmaüs dans lequel il se situe fait penser à un village d’enfants. Les couleurs y sont douces, le rythme est tranquille et aucune colère n’y couve. Le lieu est à l’image de Monique, sa gérante, dont Yolande Moreau livre une interprétation dépressive. Beaucoup de plans fixes illustrent une forme de statisme de l’endroit et des gens qui vivent du recyclage des produits de consommation. Sans doute faut-il y voir un reflet de la résignation qui englue les personnes qui y travaillent.

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  • Green book (Peter Farrelly)

    Au sortir de la séance, les réactions entendues paraissaient mitigées : « c’est très américain », « c’est en ligne droite et sans surprise », « il y a des passages un peu gros ». En nous projetant dans l’Amérique ségrégationniste de 1962, en nous racontant « une histoire vraie », on tente effectivement de nous édifier avec un récit très positif et optimiste. A cette époque marquée par le racisme, un italo-américain (Viggo Mortensen) et un artiste afro-américain (Mahershala Ali) ont pu nouer une amitié transcendant leurs différences. D’un côté Tony Lip, le beauf italien gras du bide et tchatcheur, de l’autre Don Shirley, pianiste raffiné et surdoué. Le blanc est le chauffeur du noir qui effectue une tournée à risque de concerts, dans le Sud des Etats-Unis.

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  • La mule (Clint Eastwood)

    Les années passent et Clint Eastwood est toujours là. On ne l’avait plus vu à incarner un personnage depuis Gran Torino. On se souvient aussi de son discours embarrassant, devant une chaise vide, à la Convention Républicaine de 2012. Soutenant le candidat Mitt Romney, il s’était fourvoyé dans une adresse confuse à Obama. Certains avaient pensé alors que la vieillesse de Clint était un naufrage. Sa filmographie récente jusqu’à son dernier, La mule, montre que l’âge n’est pas un problème pour lui. Certes ce film n’est pas un sommet comme ont pu l’être Million Dollar baby ou L’échange mais un bon divertissement dans lequel le vénérable a encore des choses profondes à dire.

    Le parcours d’Earl Stone est tiré de l’histoire vraie de Leo Sharp. Cet ancien horticulteur, vétéran de la guerre de Corée, est devenu convoyeur de drogue pour un cartel mexicain. Ce point de départ original donne lieu à un suspense honnête dans lequel Bradley Cooper et Lawrence Fishburne assurent sobrement des rôles de flics. La forme est de plus lumineuse et classique, comme souvent chez Eastwood. Mais c’est avant tout le portrait très ambigu d’un vieil homme, d’un américain de cette génération, qui est intéressant. A 88 ans, la star a sans doute trouvé dans cette histoire l’occasion de faire en filigrane le bilan de sa propre vie.

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