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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie

  • Tromperie (Arnaud Desplechin)

    Les interviews à propos de Tromperie permettent à Arnaud Desplechin d’avouer sa dette envers l’écrivain américain Philip Roth. L’œuvre de Roth, que je connais très partiellement (Portnoy et son complexe, grand souvenir de lecture), est constituée d’une quarantaine de romans dans lesquels il excelle à brouiller les frontières entre réel et fiction. Desplechin l’avoue, il voulait reproduire par sa réalisation cette bascule autofictionnelle entre vie et imaginaire. Il s’est pour cela approprié Tromperie, un texte très fragmentaire publié en 1990 et composé uniquement de dialogues entre Philip, écrivain américain installé à Londres et plusieurs femmes dont sa maîtresse et son épouse. Ce serait à travers ce roman en forme d’essai que Desplechin aurait trouvé l’inspiration de Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle).

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  • Contes du hasard et autres fantaisies (Ryusuke Hamaguchi)

    En japonais, il s’intitule Gûzen to sôzô, soit Hasard et imaginaire. Son titre international est Wheel of fortune and fantasy (Roue de la chance et imagination, pourrait-on traduire) mais les distributeurs français l’ont baptisé Contes du hasard et autres fantaisies en hommage aux contes moraux et contes des quatre saisons de Rohmer. Il est vrai qu’on retrouve comme chez Rohmer le goût des événements fortuits, des coïncidences et des conversations au cours des trois histoires racontées. Dans Magique ?, tout part d’une conversation dans un taxi entre deux amies, Meiko et Tsugami, à propos de la rencontre que Tsugami a faite d’un homme éprouvé par une précédente relation. Dans Porte ouverte, l’étudiant Sasaki décide de se venger de son professeur Segawa en utilisant son amante Nao. Dans Encore une fois, Natsuko séjourne à Sendai pour une réunion d’anciens élèves et reconnaît l’amie dont elle était amoureuse dix-huit ans avant. Je ne donnerai pas plus de détails car les hasards ont une grande importance. Ne dévoilons pas les surprises constantes des récits.

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  • En corps (Cédric Klapisch)

    Elise Gautier (Marion Barbeau) est danseuse étoile et amoureuse. Un soir de ballet, son interprétation de la Bayadère est gâchée par une blessure. C’est une fragilité persistante qui a peut-être à voir avec une blessure de cœur. S’ouvre une période d’incertitude pour la jeune femme qui ne sait si elle pourra continuer la danse classique. Comment va-t-elle se reconstruire ? Son corps va-t-il lui permettre à nouveau de satisfaire sa passion ? En corps est une histoire de résilience physique et psychologique racontée sur un mode positif. Ça ne peut qu’aller mieux se dit-on en suivant une intrigue absolument dépourvue d’affects et de personnages négatifs.

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  • House of Gucci (Ridley Scott)

    Des acteurs américains et anglais qui surjouent des Italiens ? Pourquoi pas. Il y a ceci d’amusant dans le dernier film de Ridley Scott qu’il n’y a pas un seul italien pour incarner les membres d’une des dynasties les plus connues de la péninsule. On peut ajouter que ce film retraçant le parcours tragique de l’héritier Maurizio Gucci (Adam Driver) assassiné par son épouse Patrizia Reggiani (Lady Gaga) donne carte blanche à ses acteurs pour cabotiner. Jeremy Irons, Al Pacino, Jared Leto, Camille Cottin et Salma Hayek n’hésitent pas à rouler les « r » et à grimacer quand il le faut.

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  • Viens je t’emmène (Alain Guiraudie)

    La bande-annonce est celle d’une comédie loufoque et décalée mais il est difficile de placer ce film dans une catégorie bien définie. Médéric (Jean-Charles Clichet) aborde Isadora (Noémie Lvovsky) qui fait le trottoir. Au lieu de se comporter en client, il se dit attiré et revendique une relation non tarifée car il est « contre la prostitution ». Le dialogue est drôle d’autant qu’il est servi de manière lunaire par Clichet, qui fait penser à un mélange de Damien Bonnard et de Vincent Macaigne. Médéric obtient le rendez-vous tant attendu avec Isadora mais à quelques pas dans le centre de Clermont-Ferrand a lieu un attentat terroriste. Au pied de l’immeuble de Médéric débarque le jeune Selim (Iliès Kadri) qui ressemble beaucoup au portrait-robot d’un djihadiste en fuite. C’est au moment où Médéric allait jouir que le terrorisme a surgi et que la confusion et la peur apparaissent. Des désirs inassouvis, motif qui se répétera souvent, naissent un monde confus et violent.

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  • Rien à foutre (Julie Lecoustre et Emmanuel Marre)

    « Rien à foutre », comme la devise d’une jeunesse qui veut vivre l’instant présent, sur les réseaux sociaux, dans le sexe et les soirées, qui se fiche bien de la politique et des trucs « prise de tête ». Le titre du film sied bien à Cassandre et à Adèle Exarchopoulos qu’on imagine semblable dans la vraie vie, fille spontanée, émotive, pas intello, qui s’attache et se détache vite. La mettant dans tous les plans, les deux réalisateurs font le portrait d’une jeune femme précaire dans sa vie professionnelle et personnelle.

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