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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie

  • Ma vidéothèque idéale : Sunset Boulevard (Billy Wilder)

    Ce classique hollywoodien de Billy Wilder a 70 ans et il se porte comme un charme. C’est la troisième fois que je le vois en quelques années et je le trouve meilleur à chaque vision. C’est comme si ce récit sur le vieillissement et l’avilissement n’avait jamais subi les ravages du temps. Il en est pourtant question dans ce film tourné à Hollywood, mecque du cinéma et éternelle capitale de la jeunesse et du succès. Les premiers plans nous montrent un homme mort flottant dans une piscine. Joe Gillis (William Holden) est le narrateur de sa propre déchéance et Sunset Boulevard un flashback d’1H40 sur son destin tragique.

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  • Sympathie pour le diable (Guillaume de Fontenay)

    Avant le film du même-nom, Sympathie pour le diable est le titre de l’ouvrage autobiographique que le reporter Paul Marchand a consacré en 1997 à son expérience de la guerre en ex-Yougoslavie. Le journaliste a séjourné et travaillé à Sarajevo, pendant le siège de la ville par les forces serbes. Bien que Marchand ait été une voix fréquente sur France Inter, RFI, France Info etc. je découvre comme beaucoup l’existence de cet homme grâce au film. Grâce à Niels Schneider, un acteur dont j’apprécie de plus en plus le travail, j’imagine certains traits de caractère, forcément présents dans le livre : l’intrépidité, l’indépendance d’esprit, le courage, l’esprit critique. La figure du reporter est en soi tellement romanesque qu’elle a nourri de multiples films, plus ou moins intéressants (Salvador d’Oliver Stone, L’année de tous les dangers de Peter Weir, La déchirure de Roland Joffé…). Parmi cette longue liste de films, Sympathie pour le diable est-il recommandable ?

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  • Papicha (Mounia Meddour)

    Désormais disponible en VOD/DVD, Papicha a suscité l’enthousiasme public à sa sortie en 2019. On comprend sans peine pourquoi. Alors que le contexte de la guerre civile algérienne est tragique, la réalisation de Mounia Meddour est dynamique, électrique et optimiste. Les couleurs de la nuit algéroise sont vives et le montage nerveux. La cinéaste fait corps avec son personnage, cette gracieuse et déterminée Nedjma (Lyna Khoudri), étudiante en stylisme, qui veut profiter de sa jeunesse alors que d’autres s’enferment derrière un voile islamique. Tandis que les attentats et les assassinats se multiplient, elle rêve d’organiser un défilé de mode. Sa vocation est d’habiller et d’embellir les femmes comme ses copines Wassila (Shirine Boutella), Samira (Amira Hilda Douaouda) ou Kahina (Zahra Manel Doumandji).

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  • Sorry we missed you (Ken Loach)

    On en est au générique de début et entre Ricky (Kris Hitchen) et Maloney (Ross Brewster), l’entretien va pour le mieux. Ricky est du genre bosseur mais il n’aime pas trop avoir un patron qui lui dit comment faire, il aime sa liberté. Cela tombe bien, Maloney lui offre un statut enviable de livreur autoentrepreneur. Il va pouvoir livrer un maximum de colis en un minimum de temps, se faire de l’argent, payer les dettes de sa famille, envisager l’achat d’une maison. En moins d’une minute et sans grand artifice, Ken Loach illustre finement les mécanismes de la nouvelle économie des services. Comment un discours de promotion individuelle et d’entreprenariat aboutit à ce que des gens de bonne volonté tombent dans l’auto-exploitation. Sorry we missed you est l’histoire édifiante d’une famille entraînée dans un système économique pervers qui lui fait perdre pied.

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  • Cinéclub : J. Edgar (Clint Eastwood)

    Avant d’aller voir Le cas Richard Jewell, je me suis intéressé à J. Edgar, le biopic sur Edgar Hoover que je n’avais pas vu à sa sortie en 2012. Le thème du héros américain a été abordé, questionné avec American Sniper et Sully. Eastwood racontait les destinées véridiques d’américains moyens devenus héros. Hoover, fondateur et directeur du FBI pendant presque 50 ans, est lui un personnage clé de l’histoire contemporaine américaine. C’est un homme réputé diabolique, tirant les ficelles, possédant des informations sur tout le monde. James Ellroy par exemple en a fait une figure centrale dans sa trilogie Underworld USA. Peut-on raisonnablement le qualifier de « héros américain » ?

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  • La cravate (Mathias Théry, Etienne Chaillou)

    Comme spectateur de documentaire au cinéma ou à la TV, on n’échappe plus à certaines formes qui sont devenus les canons du genre. Le documentaire façon Depardon, sans commentaire, parfois face caméra, capte sans arrangement visible la vérité d’un événement ou d’un personnage. A contrario, le documentaire militant, nourri d’archives, d’interviews d’experts, sert un commentaire orienté ou une démonstration politique, comme c’est le cas avec Michael Moore – jusqu’à la manipulation... Tous les soirs, sur la TNT, des reportages « exclusifs » nous livrent un récit de la réalité « comme si vous y étiez », une voix off nous guidant dans le sensationnel, décrivant des « personnages », repères faciles servant les représentations toutes faites du spectateur (l’urgentiste dévoué, le bon flic, le dealer, etc.). La cravate est un documentaire mais prend le contrepied de ces modèles. Son dispositif déroute par son originalité.

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