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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie

  • Le jeune Ahmed (Luc & Jean-Pierre Dardenne)

    Plans serrés et filmage au corps, caméra à l’épaule, simplicité des décors et psychologisation minimale, le cinéma des frères Dardenne est en soi tellement systématique que j’avais fini par laisser de côté leurs films. Je ne peux nier l’effet de vérité qu’il y a dans leur cinéma : quelque chose se révèle toujours dans ces corps plongés dans une réalité sociale violente. Je me souviens de la puissance de Rosetta tout comme de la radicalité ascétique de La promesse. Mais je ne me souviens pas d’un instant de plaisir à les regarder, seul compte la description clinique d’une situation désespérée. Avec le jeune Ahmed, l’œuvre s’élargit à un sujet d’actualité, la radicalisation islamiste, mais rien ne change dans la forme.

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  • Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma)

    Le film commence lorsqu’à son cours de peinture, on demande à Marianne (Noémie Merlant) qui est la jeune femme en feu sur un des tableaux de son atelier. Marianne se souvient alors de son séjour sur une île de Bretagne, en 1770. Héloïse (Adèle Haenel) a été sortie du couvent par sa mère la comtesse (Valeria Golino) pour épouser un riche milanais. Il faut envoyer au futur marié le portrait de sa promise mais celle-ci refuse de se laisser peindre. La comtesse imagine un subterfuge : faire venir Marianne, peintre de son état, et la faire passer pour dame de compagnie auprès de sa fille. Isolées et sans homme autour d’elles, avec Sophie comme servante (Luàna Bajrami), Marianne et Héloïse finissent par s’aimer. Héloïse accepte de poser.

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  • Un jour de pluie à New York (Woody Allen)

    Wonder wheel (2018), pourtant défendu dans ce blog, avait laissé à beaucoup une impression mitigée, voire hostile. Dans ce mélodrame clinquant et chargé, porté par l’excellente interprétation de Kate Winslet, la légèreté cédait le pas à l’aigreur et au pessimisme. Les schémas narratifs semblaient assez usés. Peut-être que les problèmes personnels du réalisateur, sa mise au ban d’Hollywood, causés par de très graves accusations d’agression sexuelle, avaient influé sur l’esprit du film. Un jour de pluie à New York est en comparaison une très bonne surprise. Woody Allen, en se relocalisant à Manhattan, au cœur de la société riche de New York, a retrouvé une vigueur et un registre virevoltant. Scarlett Johansson puis Emma Stone avait déjà régénéré son cinéma. L'utilisation plus affirmée d'acteurs jeunes a stimulé son énergie et sa créativité.

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  • Cinéclub : Le grand silence (Sergio Corbucci)

    C’est à l’occasion de la sortie des Huit salopards de Tarantino que j’avais comme beaucoup entendu parler du Grand silence de Corbucci (1968). Comme pour QT, western sous la neige et musique par le grand Ennio Morricone. J’ai beau aimer le cinéma de Sergio Leone, pinacle du genre spaghetti, je ne suis pas client des Django, Trinita et autres productions de cet acabit. Quand commence Le grand silence, j’ai peur de goûter à un navet. Certes il y a les étendues blanches de neige qui recouvrent l’Utah mais la caméra tremblote, la photographie, les costumes et décors sont particulièrement sales. On a le droit en plus à deux versions : l’italienne ou la française, ce qui colle peu à un western dans les Rocheuses. On passera enfin sur l’inévitable scène du bandit qui bouffe salement son poulet puis s’essuie les doigts gras sur son manteau.

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  • Roubaix, une lumière (Arnaud Desplechin)

    Il manque à notre analyse de Roubaix, une lumière une pièce à conviction. Arnaud Desplechin s’est fortement inspiré d’un documentaire paraît-il remarquable de Mosco Boucault : Roubaix, commissariat central. Affaires courantes (2008). Ce dernier décortique la vie d’un commissariat et le traitement d’une affaire crapuleuse : le meurtre d’une vieille dame par deux jeunes femmes. Télérama dit que la démarche de Desplechin tient du remake. Le documentaire n’étant plus visible sur les écrans depuis 2008, impossible de voir comment les deux œuvres dialoguent entre elles.

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  • Les oiseaux de passage (Cristina Gallego & Ciro Guerra)

    Difficile d’échapper à certains standards quand on parle de narcotrafic. Scarface, Blow, Traffic, Miami Vice… L’esthétique, les codes visuels et le point de vue sont le plus souvent nord-américains. On a pu saluer dans la série Narcos une volonté de se situer davantage dans le territoire même du trafic, la Colombie, grâce à la langue et à la musique. Avec Les oiseaux de passage, on explore un territoire totalement nouveau pour le cinéma international, celui de la Guajira, région située au nord de la Colombie et qui a connu un épisode tragique de trafic de marijuana dans les années 80. Point de cartels ici mais une région peuplée d’amérindiens Wayuu. Les bonus du DVD, très concis, permettent d’en apprendre un peu plus : c’est un territoire côtier entre Baranquilla et Maracaibo qui a toujours connu du commerce et de la contrebande. L’originalité et l’intérêt du film, en plus de sa dramaturgie, tiennent donc de la découverte d’une région et d’une culture. La démarche est très originale si on examine tout le cinéma récent. Le regard anthropologique, on l’avait déjà apprécié dans l’excellent L’étreinte du serpent, réalisé par Ciro Guerra et produit par Cristina Gallego qui sont coréalisateurs pour Les oiseaux de passage.

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