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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 42

  • La petite fille de la terre noire (2007), autre facette captivante du cinéma coréen

    2016 est une année faste en France pour le cinéma coréen. Mademoiselle, The Strangers, Dernier train pour Busan, quel trio ! On parle ici d’un cinéma qui mixe le genre (thriller, horreur) et des obsessions d’auteur. Ce cinéma percutant et erratique, c’est le mode d’expression d’un pays malade de son passé (colonisation japonaise, dictature) et de son capitalisme écrasant et paternaliste. Le cinéma coréen tel qu’on l’a reçu ces dernières années mélange un savoir-faire américain avec des obsessions locales. Et puis soudain, changement de registre et d’influences ! On reçoit un DVD d’un film sorti en France en 2007, La petite fille de la terre noire de Soo-il Jeon et on tombe sur une œuvre « sociale », très intransigeante dans sa forme. Dans une interview trouvée sur internet, le cinéaste évoque parmi ses influences Antonioni, Bresson et Tarkovsky. Une autre façon de faire du cinéma au pays du matin calme, toute aussi passionnante.

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  • Mademoiselle de Park Chan-Wook, encore un film culte?

    Attention, avec Mademoiselle on parle du dernier film du coréen Park Chan-Wook, réalisateur de Old boy (2004). Film culte et bénéficiant d’une aura critique impressionnante. Baignant dans une violence grandguignolesque et mobilisant un appareillage dramatique imposant, Old boy m’avait éreinté. Son aspect monstrueux (réclusion, vengeance, inceste) peut être franchement rebutant même si les arguments en sa faveur sont convaincants, comme ici. Mademoiselle n’a pas provoqué un rejet similaire, loin de là, mais je reste sceptique sur certains aspects du cinéma de Park Chan-Wook.

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  • Moi, Daniel Blake: film honnête et pertinent

    Ken Loach est un réalisateur qui n’imprime rien en moi et ce n’est pas faute d’avoir vu beaucoup de ses films. Loach, c’est un peu le devoir imposé de tout cinéphile ayant quelques traces de conscience humaniste « de gauche ». Land of freedom, My name is Joe, Bread and roses, The navigators, Sweet sixteen, Just a kiss, Le vent se lève : j’ai fait mon devoir à chaque fois mais du point de vue visuel et émotionnel, il n’en est rien resté. Bien sûr, avec le titre, je me souviens toujours du sujet : Land of freedom, c’est le Loach sur la guerre d’Espagne mais de là à me remémorer ce que ça raconte exactement… Ses films sont aussi intéressants sur le fond que des articles du Monde Diplomatique mais est-ce qu’on se souvient avec émotion d’un dossier lu sur la privatisation du chemin de fer britannique ? Non, évidemment. Bien qu’il sache créer des personnages attachants (le Joe de My name is Joe par exemple), sa mise en scène fonctionnelle, cachée derrière son sujet, le classe davantage comme un témoin engagé de l’époque actuelle que comme un artiste essentiel. Alors que j’avais décroché depuis le sympathique mais oubliable Looking for Eric, la palme d’or pour Moi, Daniel Blake, a surtout eu le mérite de me pousser à voir un de ses films.

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  • Sing Street (John Carney), charmant exercice de nostalgie

    Dublin, début des années 80. Conor (Ferdia Walsh-Peelo) est envoyé dans une école catholique. Alors que ses parents se disputent et vont divorcer, l’adolescent monte son groupe de rock, Sing Street, bien décidé à séduire la jolie Raphina (Lucy Boynton).

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  • Juste la fin du monde (Dolan): juste émouvant

    J’avais des craintes concernant Juste la fin du monde de Xavier Dolan. Avant sa sortie en salles et à Cannes cette année, on parlait de dialogues hystériques, de sur-jeu, d’huis-clos artificiel. J’ai vu un film très touchant qui tire indubitablement sa force de sa troupe d’acteurs et de son texte. Je ne connais pas Jean-Luc Lagarce, dramaturge français mort en 1995, mais en lisant la chronique wikipedia qui lui est consacrée, je vois quelle matière première Dolan a exploité, non pas une satire premier degré de la famille mais un travail sur la parole, qui à force de se chercher et de se reformuler, creuse son propre trou et s’enterre. La parole ici souligne davantage les distances entre les êtres qu’elle ne les rapproche.

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  • Nocturama (Bonello): théorique et virtuose

    Tout faire péter, qui n’en a pas rêvé ? Asséner un bon gros coup de pied aux institutions, aux entreprises et aux adultes, choses insupportables quand on est jeune, c’est le rêve de beaucoup. Qu’on soit « jeune de banlieue » ou étudiant à Sciences po, qu’on étudie ou qu’on soit en galère, le fantasme d’une grande explosion de violence est présent dans la jeunesse. On ne peut pas enlever cela au film de Bonello, ses personnages de terroristes parisiens sont mus par une envie vraisemblable et le réalisateur a su donner du souffle à leur mouvement. L’organisation et la convergence vers le centre de Paris sont brillamment mises en scène dans la première heure du film. Minutage, trajets en métro, zoom sur carte RATP, montage synchronisé des actions, flash-backs concis sur la formation du groupe impriment au film une belle tension. Le spectateur attend les « événements » avec appréhension. D’un point de vue formel, Nocturama est assez virtuose pour nous faire avaler quelques situations irréalistes - placer une bombe ni vu ni connu au Ministère de l’intérieur, sérieusement ? A quelques flottements près dans sa deuxième moitié il tient en haleine le spectateur jusqu’au bout.

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