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2018: très belle année de cinéma

2018 a été une année de cinéma riche et diverse. Il est difficile de classer par ordre des films qui ont généré des plaisirs très différents. Plaisir visuel. Plaisir du récit. Plaisir de sentir un film pertinent, sincère, en phase avec l’actualité. Plaisir régressif aussi.

Essayons d’exhumer quelques sensations de cette année de cinéma :

Senses (Ryusuke Hamaguchi)  invite à partager la vie quotidienne et intime de quatre femmes japonaises. La conversation, l’inflexion des voix, la rumeur du quotidien, les regards, les paysages vous emportent dans un flux souterrain de sentiments. Devant ce film lent, la patience est largement récompensée.

Phantom thread (Paul Thomas Anderson) enseigne que l’amour peut être un lent poison entre deux êtres. Je retiens ce film pour le visage abasourdi de Reynald (Daniel Day Lewis), réalisant sa dépendance toxique pour le personnage d’Alma (Vicky Krieps).

Dans En guerre de Stéphane Brizé, les mots du libéralisme brisent les espoirs des salariés grévistes aussi sûrement que les boucliers des CRS. C’est vraiment une guerre et comme le disait Warren Buffett et ce sont les riches qui la gagnent. Grand film social et grand acteur qu’est Vincent Lindon – dommage que la fin soit problématique.

Arrivé sur la lune au prix d’une épopée mortifère, le First Man Neil Amstrong (Ryan Gosling) fait l’expérience ultime du néant et du désespoir. Damien Chazelle a réalisé un film triste et de toute beauté. L’alunissage est sans doute la plus belle séquence visuelle de 2018. Bande originale (Justin Herwitz) magnifique en prime.

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Dans Mademoiselle de Joncquières (Emmanuel Mouret), Madame de la Pommeraye (Cécile de France) prend un air badin et complice chaque fois que le Marquis des Arcis (Edouard Baer) franchit sa porte. En vérité, elle se venge. Voir le sourire trompeur de Cécile de France a été un des grands plaisirs de cette année de cinéma.

Mes provinciales (Jean-Paul Civeyrac) pourrait être l’adaptation d’un classique du roman de formation. Un apprenti cinéaste (Andranic  Manet) apprend de ses échecs amoureux et créatifs. Ce film résonne comme le souvenir d’une jeune personne idéalisée qui aurait pu être le grand amour.

L’île aux chiens et sa technologie stop motion a produit plus d’émotions chez moi que toute la filmographie de Wes Anderson réunie ! Univers japonisant d’une profusion folle et qui pour une fois chez ce réalisateur n’a pas semblé creux. Quand la vie naît dans la pupille d’une marionnette canine.

Mais que raconte Burning exactement ? Tout est étrange et lent dans ce film de Lee Chang-Dong. Les désirs et fantasmes d’un apprenti écrivain pour une jeune femme débouchent sur une accumulation de mystères, s’épaississant quand le duo devient trio. Des échos sociaux et politiques sur la Corée du Sud complexifient le récit et invitent à revoir ce film dense et énigmatique.

Y a-t-il pays plus idéal que l’Italie estivale et son art de vivre pour l’éveil des sens d’un jeune homme ? Call me by your name (Luca Guadagnino) ne manque pas de moments sensuels ni de beautés bourgeoises. Quand en plus une pèche juteuse se fait instrument érotique…

Le bien malin Three billboards les panneaux de la vengeance (Martin McDonagh) pourrait être le film emblème des années Trump. L’Amérique profonde est animée de désirs de vengeance et d’auto-défense peu ragoutants mais le duo Frances McDormand – Sam Rockwell est très amusant.

Leto de Kirill Serebrennikov est sublime dans son manteau d’images en noir et blanc. Tiré d’une histoire réelle mais trop esthétique pour être vraie, c’est le fantasme d’une bulle de rock’n’roll se formant dans les eaux saumâtres de l’Union Soviétique brejnévienne. En ce début d’année, réécouter sans fin le titre Konchitsya Leto qui clôt le film.

Une mention enthousiaste et régressive à Mission Impossible : Fallout (Christopher McQuarrie), à Ready Player one du grand enfant Spielberg et à Black Panther (Ryan Coogler), machines hollywoodiennes extravagantes qui donnent envie d’être un héros pulvérisant les murs et les limites du possible !

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