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  • Shéhérazade (Jean-Bernard Marlin)

    La tradition naturaliste héritée de Zola a marqué le cinéma français depuis Renoir (Toni, La bête humaine bien sûr). Un courant minoritaire mais bien vivant nous emmène dans les milieux les plus pauvres de la société française. On parle surtout de précaires (Je ne suis pas un salaud de Finkiel ou Une vie meilleure de Cédric Kahn), parfois d’ouvriers (En guerre de Stéphane Brizé), plus rarement d’individus marginalisés que la société peine à sauver (La tête haute d’Emmanuelle Bercot). Shéhérazade a pour héros un jeune voyou et une prostituée, catégorie de personnage sans réelle famille, vivant dans la rue ou les foyers pour jeunes délinquants.

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  • Ma vidéothèque idéale : Raging Bull (Martin Scorsese)

    Martin Scorsese ne voulait pas le réaliser malgré l’insistance de Robert de Niro. L’acteur de Taxi driver avait aimé la biographie du boxeur Jack LaMotta et comptait sur Scorsese pour en tourner l’adaptation. On sait que la vie personnelle du réalisateur était très chaotique à la fin des années 70 (drogue, dépression, maladie) et que l’insuccès de New York New York (1977) aggrava son état. Le scénario de Raging Bull connut plusieurs remaniements, notamment par Paul Schrader, déjà scénariste de Taxi driver, qui ajouta des éléments plus crus au personnage principal. Celui qui est aujourd’hui un réalisateur prestigieux et un grand passeur du patrimoine cinématographique, ressemblait à une rock-star déchue, minée par ses angoisses. Scorsese s’épuisa dans la réalisation de Raging Bull, n’en fut pas récompensé (bide au box-office américain) mais le film ne reflète aucunement les déraillements de son créateur. Le regarder aujourd’hui est un immense plaisir. Il y eut plus tard Les affranchis ou Casino mais celui-là, quel chef-d’œuvre !

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  • Burning (Lee Chang-Dong)

    « Notre palme » proclame Télérama à propos de Burning, dénonçant ainsi le niveau consensuel et sans doute un peu faible de la compétition cannoise en 2018. En un autre temps, il est probable que ce film coréen exigeant aurait remporté la récompense car il « coche » toutes les cases du film d’auteur. Il avance à un rythme lent sur une durée de 2H28. Il ne se résume pas un genre clairement défini (thriller, drame, comédie) mais en combine plusieurs. Lui-même adaptation d’une nouvelle d'Haruki Murakami, il exhibe des références littéraires (Faulkner, Fitzgerald) ainsi que cinématographiques prestigieuses (Antonioni, Hitchcock). Il résulte un film étrange, souvent hermétique, plein de fulgurances poétiques. On pourra toujours reprocher au réalisateur coréen sa sophistication mais pour peu qu’on accepte d’embarquer dans le rythme lent de Burning, on en ressortira réjoui comme ce fut mon cas !

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  • Blackkkklansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan (Spike Lee)

    Spike Lee a adapté au cinéma l’histoire vraie de Ron Stallworth, officier de police noir ayant infiltré le Ku Klux Klan en vue de combattre ses exactions racistes. L’histoire de Ron (John David Washington) se déroule à la fin des années 70 à Colorado Springs (Colorado). Il séduit au téléphone ses interlocuteurs du Klan, dont leur leader David Duke (Topher Grace) mais ce sera son collègue Flip Zimmerman (Adam Driver), blanc et juif, qui assurera l’infiltration physique de l’ « Organisation », comme ses membres l’appellent.

    Disons-le, cette intrigue est drôle et la première heure du film baigne dans une atmosphère de comédie antithétique du racisme omniprésent. Voir Ron Stallworth débiter au téléphone des horreurs avec les gens du Klan, découvrir à quel point ces types sont bêtes et méchants, notamment Felix (Jasper Paakkonen) et Ivanhoe (Paul Walter Hauser), crée une complicité effective entre le spectateur et les infiltrés. Mais le rythme est assez mou et Spike Lee a du mal à fluidifier l’ensemble d’autant qu’il faut aussi décrire l’autre côté : la frange militante noire, incarnée par la leader étudiante Patrice (Laura Harrier) que Ron tente de séduire.

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