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  • Le grand jeu (Aaron Sorkin)

    Voilà un biopic réalisé par le scénariste de Steve Jobs et de The social network. Celui-ci nous raconte comment Molly Bloom (Jessica Chastain), ex-championne de ski, est devenue une organisatrice de pokers clandestins auxquels participaient célébrités, hommes d’affaires et malfrats. Son ascension, sa chute, sa rédemption. Avant d’entrer dans les détails du film, je me pose la question : qu’a fait Molly Bloom d’exceptionnel pour qu’on lui consacre 2H20 de film hollywoodien ? A-t-elle fondé un empire économique ? A-t-elle filouté des millions d’honnêtes citoyens ? Est-elle comme le Jordan Belfort du Loup de Wall Street le symbole d’un système corrompu ? Non, les enjeux de ce grand jeu ne semblent pas se situer dans la condamnation morale ou la critique d’un système. On parle ici d’un parcours personnel exceptionnel.

    Mark Zuckerberg a fondé Facebook suite à un échec amoureux. La destinée de Steve Jobs est liée à un traumatisme originel. Ici Molly Bloom, programmée pour être une championne, se réinvente en maîtresse de jeu suite à un accident qui a brisé sa carrière de skieuse. Comment un événement fondateur engendre la réussite fulgurante de personnes intellectuellement brillantes mais solitaires. Comment les capacités stratégiques, doublées d’un sens absolu du contrôle permettent à des outsiders de devenir des winners. Mais la win a un goût amer : Sorkin fait le portrait de gens à la destinée exceptionnelle mais malheureux, sans amis. Bon, d’accord le système scénaristique est connu / rodé mais est-ce que ce sont là des raisons suffisantes pour aller voir Le grand jeu ?

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  • L’échange des princesses (Marc Dugain)

    Non, L’échange des princesses n’est pas un dérivé de Secrets d’histoire de Stéphane Bern. Les décors et les costumes sont certes magnifiques, grâce à la photographie de Gilles Porte mais on ne peut pas dire que ce somptueux enrobage exalte les splendeurs perdues de l’Ancien régime, au contraire ! Ici, un épisode historique peu connu révèle les aspects les plus tragiques des pratiques dynastiques, dans l’Europe du XVIIIème siècle. Le film de Marc Dugain est une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas, se déroulant pendant la Régence.

    En gage de paix et de concorde entre les royaumes de France et d’Espagne, Philippe d’Orléans (Olivier Gourmet), propose à Philippe V de Bourbon (Lambert Wilson), un échange de deux princesses, qu’il accepte. La petite Marie Anne Victoire de Bourbon, 5 ans, héritière de Philippe V épousera le futur Louis XV, 11 ans. Quant à la fille du Régent, Louise-Elisabeth de Montpensier, elle se mariera au prince des Asturies, Louis 1er, adolescent comme elle. Peu importe que le spectateur retienne les détails des généalogies et des enjeux de géopolitique. L’échange des princesses nous montre avec soin le drame d’enfants écrasés par la volonté des adultes. Leurs sentiments ne comptent pour rien dans les affaires des royaumes.

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