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benoît magimel

  • La douleur (Finkiel)

    La douleur de Marguerite Duras, c’est quelque chose ! Ce livre lu il y a une dizaine d’années est d’une puissance peu commune. C’est un journal, dit-elle. Le récit se déroule à Paris dans les années 1944-1945. La fin du régime de Vichy, la Libération, le retour des prisonniers et déportés. La gestapo a arrêté son mari Robert Antelme en juin 1944. Marguerite fait des démarches à la préfecture pour avoir de ses nouvelles. Rabier, un flic collabo, lui en donne en échange d’on ne sait quoi. Antelme est déporté vers l’Allemagne. Marguerite, qui a une liaison avec Dionys Mascolo, cherche désespérément où. Elle l’attend, jusqu’à la Libération de Paris et son retour des camps. Elle l'aide à reprendre vie, à guérir (ce n'est pas dans le film).

    Elle décrit ce qui passe en elle, la tristesse, la honte, la culpabilité, en même temps que Paris se libère et que l’attente se prolonge. La douleur est un témoignage intime et historique. L’écriture de Duras porte cette douleur tout en maintenant le lecteur dans l’ambiguïté. L’esprit de Marguerite était certes confus mais toute l’époque l’était ! Je me souviens de mon expérience de lecteur surpris par la perméabilité constante entre bien et mal, entre salauds et amis. Après tout, Robert Antelme a été donné par un membre de son réseau de résistance: derrière un visage amical pouvait se cacher un traître…

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