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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 5

  • Phantom thread (Paul Thomas Anderson)

    Phantom thread n’est pas un film qui se donne facilement. Paul Thomas Anderson a écrit un scénario bien étrange, situé dans une société rigide et codifiée dans laquelle les sentiments ne se disent pas. Aura-t-on décrit son histoire comme une romance entre un grand couturier et une serveuse dans l’Angleterre des années 50 qu’on n’aura pas dit grand-chose. Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) et Alma Elson (Vicky Krieps) entretiennent une liaison faite de passion, de fascination et de rapports de force. C’est l’essence même de cette relation qui intéresse le réalisateur, ce sont ces fils invisibles (phantom threads) qu’ils tissent à deux et qui les retiennent l’un à l’autre.

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  • Jusqu’à la garde (Xavier Legrand)

    Ce film, projetez-le dans les écoles, les collèges, les lycées, les facultés. Organisez des débats citoyens après. Pour ce qui est de la TV, il passera sur France 2 dans un an et pourquoi ne pas l’encadrer d’un Thema sur Arte consacré aux violences conjugales ? Ce n’est pas ironique : Jusqu’à la garde est un film instructif, au sujet peu traité par le cinéma. Je me suis creusé la cervelle pour retrouver un film qui en parle et le seul qui me soit venu est… la Couleur pourpre de Spielberg, qui date de 1985 ! Ce film m’avait marqué parce qu’en plus de subir la ségrégation raciale, le personnage incarné par Whoopi Goldberg en prenait plein la gueule par son mari. Sa vie était une litanie de souffrances et l’ami Spielberg n’avait pas lésiné sur le mélodrame. Mais cette violence-ci n’était pas centrale et s’inscrivait dans un contexte plus large d’oppression. Jusqu’à la garde est en quelque sorte une première.

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  • Wonder wheel (Woody Allen)

    Dans le parc d’attraction de Coney Island, sous les yeux de Mickey (Justin Timberlake), maître-nageur, apprenti dramaturge et narrateur, des individus malheureux rêvent à une vie meilleure. Nous sommes dans les années 50 et le parc est en crise. La famille recomposée que Woody Allen décrit sert de refuge financier et affectif pour ses personnages. Ginny (Kate Winslet) est une ancienne comédienne devenue serveuse. D’un premier mariage brisé par son infidélité, elle a eu Richie (Jack Gore), un garçon lunatique aux tendances pyromanes. L’enfant déteste son beau-père Humpty (James Belushi), un forain qui ne dédaigne pas la bouteille et cogne parfois Ginny. Humpty est veuf et a eu une fille, Carolina (Juno Temple), qu’il a toujours adoré. Carolina s’est mariée très tôt avec un gangster, qu’elle fuit en se réfugiant chez son père à Coney Island. Elle compte reprendre des études pour refaire sa vie. Tous y compris Mickey aspirent à l’amour et à la réussite matérielle. Le début du film est comme une ligne de départ pour chacun des personnages.

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