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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 3

  • Cinéclub : Le Septième Juré (Georges Lautner)

    Il m’est difficile d’avoir un avis tranché sur la filmographie de Georges Lautner. Ayant consommé du Bebel dans mes jeunes années, je lui dois de divertissants mais peu grandioses moments de cinéma sur petit écran : Le professionnel, Le guignolo ou Flic ou voyou ! Joss-Belmondo de retour du Malagawi (!!!), affrontant l’affreux Rosen-Robert Hossein sur fond de Chi mai d’Ennio Morricone (la musique de la publicité Royal Canin), c’était du ciné virile et efficace mais pas très subtile. Lautner est un cinéaste populaire à qui on doit les audiarderies « cultes » Tontons flingueurs, Barbouzes ou Ne nous fâchons pas - que je n’aime pas beaucoup. On pourrait citer aussi tous ces films avec Mireille Darc en vedette (Laisse aller… c’est une valse !, La grande sauterelle…) ou la série des Monocle. Dans cette filmographie populaire, je retiens deux vrais bons films découverts récemment : Mort d’un pourri (1977) avec Alain Delon et Le Septième juré (1962) avec Bernard Blier.

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  • Dark Waters (Todd Haynes)

    A mes yeux de cinéphile, Todd Haynes a le privilège de faire partie d’une caste dorée, celle des quelques réalisateurs américains qu’on peut qualifier sans rougir d’auteurs. Un auteur marquant à côté de quelques autres de sa génération (Paul Thomas Anderson, les frères Coen, Jarmush, Wes Anderson, Tarantino, Van Sant). Sa filmographie se distingue par sa sophistication esthétique et son sens de la reconstitution, évidents dans des films comme Carol, Loin du paradis ou Le musée des merveilles. J’avais été touché aussi par Velvet Goldmine, déclaration d’amour au glam rock de David Bowie et Roxy Music.

    D’un point de vue thématique, Haynes est un cinéaste des identités multiples et contradictoires, ses personnages ont plusieurs visages comme Bob Dylan dans I’m not there (incarné par cinq acteurs différents) et des déchirements comme Carol, à la fois épouse modèle et lesbienne. Haynes est un auteur typiquement américain en ce qu’il utilise des images fortement reconnaissables et stéréotypées de son pays (l’Amérique des années 50 par exemple) pour mieux en explorer les failles et les tourments. Dark Waters a été considéré à sa sortie comme un film insolite dans son œuvre. C’est un film dossier basé sur des faits réels mais qui reste fidèle à ses préoccupations. Rob Bilott, incarné par le toujours bon Mark Ruffalo, est un personnage typiquement « haynesien ». Cet homme devait suivre un destin déjà écrit avant de dévier de sa trajectoire.

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  • Cinéclub: Le Rebelle (King Vidor)

    Regarder Le Rebelle de King Vidor, film datant de 1949, c’est découvrir ce phénomène proprement américain qu’est Ayn Rand. De son nom Alissa Zinovievna Rosenbaum, cette immigrée née en Russie, arrivée en 1926 aux USA, ayant travaillé comme scénariste à Hollywood, est devenue l’écrivain le plus vendu et le plus culte aux Etats-Unis depuis la parution de son roman The Fountainhead (La source vive) en 1943, dont Le Rebelle est l’adaptation. Suivront Atlas shrugged (La grève), roman fleuve vendu à des millions d’exemplaires puis des essais comme La vertu de l’égoïsme, qui résume bien sa philosophie. Rand est une des inspiratrices du libertarisme américain, mouvement politique chérissant la liberté individuelle et prônant un état minimal, garant de la propriété privée. Les « vertus » de l’égoïsme et de la liberté parlent aujourd’hui à nombre de milliardaires comme Jeff Bezos, Richard Branson, les frères Koch ou Rupert Murdoch.

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  • Histoire d’un regard (Mariana Otero)

    La vie du photoreporter Gilles Caron, interrompue à seulement 30 ans, avait de quoi nourrir un passionnant biopic. On l’a vu récemment avec Sympathie pour le diable consacré à Paul Marchand : le reporter de guerre fait d’excellents personnages romanesques et ambigus. Ils sont toujours acteurs des conflits qu’ils couvrent, autant horrifiés par ce qu’ils voient que stimulés par l’adrénaline de l’action. Gilles Caron, photographe à l’agence Gamma, a connu en peu de temps la Guerre des Six jours, le Biafra, le Vietnam et la guerre civile en Irlande et au Tchad. Il a aussi couvert Mai 68 à Paris et de nombreux événements mondains et politiques qui constituaient le quotidien de son métier.

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  • Cinéclub : Reservoir dogs (Quentin Tarantino)

    Reservoir dogs (1992) est connu par le grand public comme le premier long métrage de Quentin Tarantino alors qu’il en avait déjà réalisé un en 1987 : My best friend’s birthday. Rien à dire sur ce dernier,  je ne l’ai jamais vu. Mal noté sur IMDB, il est considéré comme un film « for fan only », à tort ou à raison. Après Pulp fiction qui je trouve a très bien vieilli, j’avais très envie de Reservoir dogs. Les films « culte », j’aime bien laisser passer quelques années avant de les revoir. S’ils sont bons ils vous révèlent de nouvelles choses enfouies en eux.

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  • Cinéclub : The intruder (Roger Corman)

    Roger Corman est souvent cité quand il s’agit d’évoquer le renouveau du cinéma américain dans les années 50-60. Environ 50 films réalisés, 400 films produits. Son nom est synonyme de séries B fauchées, efficaces et inventives : on pense à Mitraillette Kelly, La chute de la maison Usher ou à La petite boutique des horreurs qui a révélé Jack Nicholson. De grands noms sont passés par « l’école Corman » : Bruce Dern, Peter Fonda, Denis Hopper, Francis Ford Coppola (Dementia 13), Martin Scorsese (Bertha Boxcar) ou Jonathan Demme. On peut dire qu’il a contribué à l’émergence des talents de ce qu’on a appelé « Nouvel Hollywood ».

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