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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 3

  • L’échange des princesses (Marc Dugain)

    Non, L’échange des princesses n’est pas un dérivé de Secrets d’histoire de Stéphane Bern. Les décors et les costumes sont certes magnifiques, grâce à la photographie de Gilles Porte mais on ne peut pas dire que ce somptueux enrobage exalte les splendeurs perdues de l’Ancien régime, au contraire ! Ici, un épisode historique peu connu révèle les aspects les plus tragiques des pratiques dynastiques, dans l’Europe du XVIIIème siècle. Le film de Marc Dugain est une adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas, se déroulant pendant la Régence.

    En gage de paix et de concorde entre les royaumes de France et d’Espagne, Philippe d’Orléans (Olivier Gourmet), propose à Philippe V de Bourbon (Lambert Wilson), un échange de deux princesses, qu’il accepte. La petite Marie Anne Victoire de Bourbon, 5 ans, héritière de Philippe V épousera le futur Louis XV, 11 ans. Quant à la fille du Régent, Louise-Elisabeth de Montpensier, elle se mariera au prince des Asturies, Louis 1er, adolescent comme elle. Peu importe que le spectateur retienne les détails des généalogies et des enjeux de géopolitique. L’échange des princesses nous montre avec soin le drame d’enfants écrasés par la volonté des adultes. Leurs sentiments ne comptent pour rien dans les affaires des royaumes.

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  • C'était comment 2017 au cinéma?

    Palmarès personnel de l’année 2017: Detroit de Kathryn Bigelow ex-aequo avec Le musée des merveilles de Todd Haynes. Detroit est un grand film éprouvant, faisant d’un fait-divers ancien (Algiers Motel, 1967) la métaphore d’une Amérique raciste, impitoyablement liguée contre sa minorité noire. Le musée des merveilles est une vibrante recherche d’identité, le diorama nostalgique et cinéphile d’un cinéaste en état de grâce.

    Pour le reste, je suis moins enthousiaste ! Je vais débaptiser d’urgence ce blog pour cinéclubdeblasé.hautetfort.com ou monblogdegrossnob.com. Je ne sais pas ce que j’ai eu en 2017, j’ai eu le coup de mou, le chipotage en bandoulière (même pas capable d’adorer Au revoir là-haut !), l’enthousiasme en berne. Autant j’avais la niaque l’année dernière (Julieta ! Toni Erdmann ! Paterson ! Manchester by the sea !), autant 2017 m’a souvent déçu. Donc en cette année très hétéroclite, pas de palmarès exhaustif mais un bilan en blocs thématiques :

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  • Seule la terre (Francis Lee)

    On retiendra qu’en 2017 a été évoqué avec beaucoup de sensibilité le déclin du monde paysan. Grâce à deux films très différents, le spectateur aura ressenti le profond malaise de gens attachés à la terre par tradition familiale. Tandis que Petit paysan d’Hubert Charruel utilisait le registre du thriller réaliste pour nous conter la faillite d’un jeune éleveur, Seule la terre de Francis Lee est une idylle homosexuelle sur fond de paysages rudes et désolés. A la description naturaliste d’un milieu paysan solitaire, Lee associe l’évocation picturale, toute en teintes vert de gris, de paysages magnifiques. Cette terre rude du Yorkshire contraint tellement ses habitants qu’ils n’en voient plus la beauté. Le film débute sur le plan nocturne d’une ferme isolée, suivi d’un plan intérieur sur Johnny Saxby (Josh O’Connor), en train de vomir. C’est de dégoût dont il est question pour ce jeune agriculteur vivant avec son père Martin (Ian Hart) et sa grand-mère Deidre (Gemma Jones). Dégoût d’une vie sans joie, faite de bitures et de coups d’un soir avec de jeunes hommes. La vie de Johnny va changer quand arrive un ouvrier agricole roumain, Gheorghe (Alec Secareanu), venu pour aider pendant la période de l’agnelage (la période de naissance des agneaux).

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