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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 3

  • Ready player one (Spielberg)

    Le Steven Spielberg qui pontifie sur les grandeurs de la démocratie américaine n’est pas trop ma tasse de thé. Ses américains optimistes et fiers de leur « grand » pays m’ennuient. Je baille à chaque fois que j’aperçois les bajoues satisfaites du bon Tom Hanks. Le Pont des espions ou Pentagon papers sont plaisants à voir, bien réalisés mais lisses, consensuels. Ce sont des films qui ne se débattent pas : à part les extrémistes, tout le monde est pour la démocratie, la liberté, l’accès à l’information… et quand on sait que l’Amérique est naturellement bonne, généreuse, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

    Il y a deux Spielberg qui m’intéressent particulièrement : celui des fables sombres comme Minority Report, La guerre des mondes ou A.I. Artificial Intelligence (qui aurait pu être un chef-d’œuvre si sa fin n’était si larmoyante !), celui des films d’aventures virevoltants comme Les aventures de Tintin, les premiers Indiana Jones ou ce Ready player one. Il y en a un adulte, inquiet de l’avenir et du monde qu’on nous prépare, un autre qui nous entraîne dans ses rêves épiques de petit garçon. Dans ces deux registres, le robinet à guimauve est fermé et le réalisateur s’acquitte avec brio des séquences d’action.

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  • Les garçons sauvages (Mandico)

    « C’est le roman de Burroughs (paru en 1971) qui est à l’origine de l’idée première du film. De courts passages de celui-ci m’ont guidé : une séquence où de jeunes garçons copulent avec des végétaux hypersexués, puis une autre, encore plus lyrique, où ils s’en vont conquérir le monde. J’ai imaginé des boutures improbables avec des récits d’aventure à la Jules Verne. » (Interview de Bertrand Mandico dans Libération du 27/02/2018)

    Les garçons sauvages est un film diablement original, pas de doute. Mélanger le Jules Verne de Deux ans de vacances, la violence adolescente d’Orange Mécanique et l’œuvre de William Burroughs (The Wild boys) donne un film qui ne ressemble à rien de connu. Bertrand Mandico est présenté dans ses diverses biographies comme un artiste travaillant sur l’hybridation des genres. Son programme un peu « monstrueux », bien qu’imparfait sur la durée, est d’une belle audace dans le cinéma français actuel. Ajoutons que les effets spéciaux, comme ces plantes qui bougent ou ces végétaux « vivants » donnent au film le côté artisanal du cinéma muet.

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  • Mektoub my love : Canto uno (Kechiche)

    Le Monde proclame que ce film est un chef-d’œuvre et beaucoup de journaux sont du même avis. On souhaiterait bien à Abdellatif Kechiche une claque publique et critique pour retrouver la raison tant son dernier film Mektoub my love : canto uno est irritant et complaisant. Le réalisateur célébré de l’Esquive et surtout de La vie d’Adèle n’a plus du tout de freins et donc plus peur d’enfler ses séquences, d’étirer le temps au-delà du raisonnable, de l’acceptable au regard de ce qu’il raconte. Mektoub my love cela sonne plus profond qu’Amin et les cagoles mais c’est à peu près ça : trois heures en compagnie de jeune sétois, garçons et filles, en 1994, entre virées au restaurant, à la plage ou en boîte de nuit. Pour traduire cela en langage intellectuel : la ronde des désirs, la célébration de la sensualité et du corps des femmes, le métissage franco-maghrébin et puis évidemment la lumière, celle de Dieu (citations du Coran et de St Jean en incipit), la vie, la création et les spaghettis aux moules !

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