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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 3

  • Plaire, aimer et courir vite (Christophe Honoré)

    Le dernier film de Christophe Honoré est clairement autobiographique. Le cinéaste partage de nombreux traits avec le personnage d’Arthur, interprété par Vincent Lacoste. Né et grandi en Bretagne, il a étudié à Rennes. Il a perdu son père à l’adolescence. Il est ouvertement homosexuel. Arthur est un double romancé de Christophe dont le regard sur ses années de jeunesse n’est jamais dépréciatif, tant mieux ! Les situations et les nombreux dialogues sont empreints de nostalgie, de douceur et de bonne humeur. Plaire, aimer et courir vite garde un ton léger de comédie, d’autant plus paradoxal qu'il est hanté par le SIDA.

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  • Ciné-club : C’est arrivé près de chez vous (Rémy Belvaux)

    Le film culte de Rémy Belvaux était dans la sélection Un certain regard à Cannes en 1992. Il y avait suscité des polémiques, à raison. Moi, adolescent peu au courant des festivals, je l’avais découvert dans un cinéma de Strasbourg. Un gars de mon lycée avait insisté pour qu’on le voie en petit groupe. A ce qu’il paraissait, c’était un film « génial ». Je n’ai pas su comment prendre un tel film, je n’avais jamais vu un humour aussi noir à l’écran. C’était très malsain et souvent drôle mais comment rire quand on voit un viol ou un infanticide ?  Si ce film choquant a passé les années avec succès, il le doit entre autres au génie comique de Benoît Poelvoorde, dont c’était le premier grand rôle, à 27 ans.

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  • En guerre (Stéphane Brizé)

    Dans les hautes sphères de l’Etat et de l’économie, on ne parle que de négociation, de dialogue social, de concertation et de partenaires sociaux. Les mots sont méticuleusement choisis. Ils font partie d’une mise en scène dans laquelle chacun, travailleurs d’un côté, patrons de l’autre, doit se retrouver pour discuter. Le titre En guerre pour un film social, c’est un pavé lancé sur la vitrine consensuelle de l’actualité, ça fait des dégâts et des victimes, ça rappelle la réalité. Dans le nouveau film de Stéphane Brizé, récit de la lutte des ouvriers de Perrin Industrie pour sauver leur usine, on verra que les mots ont leur importance. Laurent Amédéo (Vincent Lindon), syndicaliste CGT, les utilise pour galvaniser ses troupes, nommer la réalité du combat et mettre à mal la rhétorique patronale. Il est effectivement en guerre, ce que la mise en scène de Stéphane Brizé ne cessera de montrer en même temps qu’elle interrogera le bien-fondé de cette guerre, en posant la question qui fait mal : à quoi bon lutter quand tout est déjà décidé ?

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