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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 4

  • Dunkerque (Christopher Nolan)

    Il ressortait du brillant Interstellar de Christopher Nolan que toute aventure humaine porte en elle son échec et que les réussites tiennent à pas grand-chose. Je me souviens de la première partie du film, du sentiment de déroute et d’incertitude qui entourait le projet de rejoindre un nouveau monde alors que la terre agonisait sous les catastrophes écologiques. L’espoir mettait du temps à se dessiner. C’est un sentiment assez proche qui saisit le spectateur de Dunkerque, tellement habitué aux grands spectacles qui se déroulent presque sans accroc. Le film raconte un épisode terrible du début de la Seconde Guerre Mondiale : l’encerclement par l’armée du Reich des armées françaises et britanniques dans la « poche » de Dunkerque, soit 400,000 hommes piégés attendant sur la plage et dans la ville, et l’évacuation miraculeuse des trois quarts d’entre eux grâce à l’aide d’embarcations venues d’Angleterre. C’est vraisemblablement grâce à cette évacuation que la Grande Bretagne a pu continuer la guerre et contribuer à la défaite de l’Allemagne. C’est donc un moment très emportant du conflit. Christopher Nolan, qui a écrit le scénario, nous fait sentir immédiatement la débâcle des troupes britanniques. Quelques cartons explicatifs s’effacent brutalement sur une patrouille anglaise essayant de gagner la plage sous les tirs. Se dispensant de présenter et de développer ses personnages, Nolan fait le choix d’un récit collectif autour de la survie, filmé à hauteur de soldat.

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  • Song to song (Malick)

    “We thought we could just roll and tumble, live from song to song, kiss to kiss. “ (Nous pensions que nous pouvions dériver, vivre d’une chanson à l’autre, d’un baiser à l’autre). Song to song de Terrence Malick est tout entier contenu dans ces pensées de Faye (Rooney Mara). Le film vacille entre l’extase amoureuse, ce fameux « sentiment océanique » et la souffrance intérieure de ses personnages. Ils aspirent à une vie éternellement insouciante mais ils sont soumis au chaos des sentiments et à leurs propres insuffisances. La forme liquide du film imprime donc un rythme de flux et de reflux du bonheur. La caméra tangue et le montage crée un torrent continu d’images et d’impressions. Pour apprécier à minima le film, le spectateur doit se laisser submerger par le flot lyrique des voix intérieures. Mais l’effort est pénible car ce style torrentiel est appuyé et étouffant.

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  • Une vie (Brizé)

    Comme beaucoup j’ai étudié Une vie de Maupassant au lycée, pour le bac français. Comme beaucoup j’ai été refroidi par le pessimisme du roman et par la fatalité qui pèse sur l’ « héroïne » Jeanne. « Mais Maupassant ça a toujours été sombre ! » me disait un proche. Quand on y pense, le disciple de Flaubert a une vision noire de l’humanité et ce qu’il raconte dans Bel Ami ou Pierre et Jean est in fine aussi triste que dans Une vie. Il était donc tout naturel que Stéphane Brizé, auteur du joyeux et sautillant La loi du marché (souvenez-vous : Vincent Lindon en chômeur), s’empare du destin désespéré de Jeanne pour nous livrer un nouveau film plombant au formalisme appuyé. C’est en tout cas le sentiment désagréable qu’on a quand apparaît le cadre carré enfermant les personnages. Ils sont captés de profil, dans des situations sociales filmées froidement.

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