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Ciné-club ambulant, voyage en cinéphilie - Page 4

  • Narcos: grande série

    Une grande série se confond souvent avec un grand récit. Narcos, série Netflix lancée en 2015, en est un bel exemple. Les deux premières saisons décrivent les efforts qu’il a fallu aux autorités colombiennes et aux américains pour neutraliser le criminel le plus riche de la planète, Pablo Escobar. On rappellera que son florissant trafic de cocaïne lui rapportait à son apogée (fin des années 80) des dizaines millions de dollars par jour, de quoi devenir la septième fortune mondiale. Par l’argent qu’il déversait sur la ville, il était idolâtré de Medellin et quasi intouchable dans son pays. Depuis le génial Scarface de De Palma, l’esthétique « narco » est rentrée dans la culture populaire mais c’est en fait une esthétique outrancière, très « nouveau riche » de Miami, que Narcos évite largement. La série est certes violente mais pas excessivement et elle a pour elle des atouts irrésistibles : un récit haletant nourri par l’histoire récente de la Colombie, de multiples personnages longuement caractérisés et une identité latine affirmée par ses acteurs, ses décors et ses musiques. Pour qui a fait un peu d’espagnol, il y a le plaisir de suivre une version originale qui ne soit pas, pour une fois, intégralement yankee. En termes de réalisation, ont été privilégiés des réalisateurs sud-américains expérimentés, à même de donner un ancrage très réaliste à la ville de Medellin tout en respectant certains codes du thriller (nocturnes inquiétants, montage dynamique des poursuites et des fusillades). De bons techniciens, scorsesiens et naturalistes dans la forme.

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  • I am not your negro (Raoul Peck)

    Cette semaine on peut encore aller voir le beau documentaire qu’est I am not your negro de Raoul Peck. Ce film met en image un texte écrit par l’écrivain noir américain James Baldwin, Remember this house, resté inachevé. Il y a recueilli ses souvenirs de grandes figures de la lutte contre la ségrégation des afro-américains, Malcom X, Martin Luther King, Medgar Evers. Dans ce documentaire, il apparaît comme témoin, victime et critique de l’Amérique raciste, celle qu’il a connue mais qui survit aujourd’hui dans toute sa violence. James Baldwin est mort en 1987, un président noir est apparu, comme certains l’avaient annoncé dans les années 60, mais que ce soit à Ferguson aujourd’hui ou à Watts en 1965, rien n'a changé.

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  • Alien covenant (Ridley Scott)

    Prometheus était un ratage. Une splendeur visuelle mais un salmigondis de personnages informes. Il y avait bien ce goût prononcé pour l’horreur, cette scène sidérante de césarienne, mais tant d’incohérences narratives et une malheureuse impression d’inachevé. Il est difficile de bâtir une fresque ambitieuse sur un départ aussi raté. Le problème de ce film prequel de la série Alien est dans le décalage entre son ambition mythologique, (expliquer la naissance de l’humanité, celle des Aliens), et son échec narratif total. Il fallait remonter la pente via Alien Covenant pour continuer la série et faire la jointure, après encore deux épisodes, avec le film fondateur qu’est Alien, le 8ème passager. Ne le nions pas : Alien Covenant est une réussite visuelle, un voyage beau et terrifiant sur une planète inconnue. Je n’ai aucun doute sur le savoir-faire de Ridley Scott mais je ne crois toujours pas à son talent de conteur, à sa capacité à bâtir une saga cohérente. Scott est un excellent faiseur et c’est déjà pas mal !

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