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jean dujardin

  • Les rayons et les ombres (Xavier Giannoli)

    Après avoir vu ce film, je me suis demandé quelles étaient les directives que Xavier Giannoli avait pu donner à Jean Dujardin afin d’interpréter Jean Luchaire, patron de presse collaborationniste fusillé pendant l’Epuration. Même si Dujardin n’est plus depuis longtemps un pur acteur de comédie, déployant imbécillité et énergie comique, je l’ai trouvé étonnamment éteint, indifférent et résigné dans sa façon d’incarner Luchaire. Il m’a paru au diapason du film, notamment sa première moitié dans laquelle la photographie entre beige et gris donne un teint vitreux et triste aux personnages. C’est sa fille Corinne (Nastya Golubeva Carax) qui raconte leur histoire, depuis les rassemblements de militants pacifistes des années 20 jusqu’à la fuite à Sigmaringen mais Luchaire-Dujardin semble traverser cette époque tragique avec indifférence et cynisme, sans qu’on le voie tiraillé par sa conscience, habité par le doute ou éventuellement transformé par le fanatisme. Son jeu et son visage demeurent lointains et énigmatiques, sauf quand on s’en prend à sa fille.

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  • Le daim (Quentin Dupieux)

    Dans Dillinger est mort de Marco Ferreri, la découverte d’un pistolet emballé dans un journal finit par donner des envies de meurtre au personnage de cadre supérieur joué par Michel Piccoli. Dans Breakup – érotisme et ballons rouges (quel titre !), c’est un industriel joué par Marcello Mastroianni qui obsédé par le gonflement de ballons de baudruche perd la tête et se suicide. Il faut redécouvrir l’œuvre de Ferreri après celle de Buñuel. Derrière la façade de normalité se cachent la folie, l’aliénation et la barbarie. Quentin Dupieux, qui n’a pas inventé l’absurde au cinéma, serait un héritier de ce cinéma-là tant son œuvre travaille l’obsession et les situations absurdes. Il l’a dit en interview à Libération : « En fait, Buñuel est tellement fondamental que je trouverais anormal de ne pas passer par lui. » A la vision du Daim et aux souvenirs de Rubber et de Réalité, on devine aussi une forme de discours et d’auto-analyse sur sa propre condition de créateur dans le cinéma.

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  • I feel good (Kervern & Delépine)

    Le dernier film du duo Gustave Kervern et Benoît Delépine est gentil. Ce n’est pas méchant de le dire mais c’est étonnant de le constater. Avec ses bungalows et ses petites maisons, le centre Emmaüs dans lequel il se situe fait penser à un village d’enfants. Les couleurs y sont douces, le rythme est tranquille et aucune colère n’y couve. Le lieu est à l’image de Monique, sa gérante, dont Yolande Moreau livre une interprétation dépressive. Beaucoup de plans fixes illustrent une forme de statisme de l’endroit et des gens qui vivent du recyclage des produits de consommation. Sans doute faut-il y voir un reflet de la résignation qui englue les personnes qui y travaillent.

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