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javier bardem

  • L'Être aimé (Rodrigo Sorogoyen)

    Le cinéma justifie-t-il tout ? Est-ce qu’un cinéaste célèbre a tous les droits y compris celui de faire du mal aux autres du moment qu’il crée une œuvre d’art essentielle ? Rodrigo Sorogoyen a 44 ans et fait sans doute partie d’une génération qui se pose un peu plus cette question que les générations précédentes. Après me-too, les scandales avérés, quelques condamnations aussi, le milieu du cinéma réfléchit sur ses pratiques et sur les limites morales qu’il met ou non à ses créateurs. Esteban Martinez, réalisateur espagnol consacré par Hollywood, est l’archétype de la figure sacralisée, celle de l’auteur européen masculin (pour l’essentiel), charismatique, roublard, autoritaire. On le voit commenter pour une édition DVD un de ses premiers films, Siroco, dont l’esprit transgressif lui vaut le respect des nouvelles générations, mais dont on comprend que le tournage a dépassé des limites acceptables de violence pour les acteurs. Javier Bardem prête à Martinez sa présence massive, à la fois tendre et violente. La figure du réalisateur de cinéma qui dirige son film et son équipe de tournage comme une famille se confond avec la figure d’un père omnipotent et manipulateur qui mélange le travail et les sentiments.

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  • Everybody knows (Farhadi)

    Tout le monde sait (Everybody knows !) que les films d’Asghar Farhadi sont construits de la même façon. On l’avait déjà vu dans sa période iranienne, avec Une séparation ou A propos d’Elly : la structure narrative se répète, la mécanique est toujours la même ! Une grosse heure d’exposition pour décrire une société plus ou moins unie (couple, famille, amis), une rupture qui crée la confusion puis un écheveau complexes de secrets et de non-dits à démêler pour aboutir à la vérité finale.

    C’est dans le clocher d’une église espagnole que débute Everybody knows. Des plans sur une mécanique horlogère soulignent ce qui intéresse le réalisateur : ces rouages intimes et sociaux qui, dans des situations de drame exacerbé, poussent les humains à agir. Des rouages aux plans des articles de journaux évoquant un kidnapping d’enfant, découpés par un inconnu, on sait qu’un fait divers servira de mèche dramatique. Que ce soit en Iran, en France ou ailleurs, Farhadi est fasciné par la mécanique des motivations humaines.

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